Migration logiciel médical : un risque sous-estimé pour les archives de santé

La migration logiciel médical est devenue une étape fréquente dans les établissements de santé. Pourtant, cette transition technique cache un risque majeur : la perte partielle ou totale des archives médicales. Sans anticipation archivistique, les conséquences peuvent être financières, techniques et juridiques.

Le problème invisible des migrations logicielles

Lorsqu’un établissement change de DPI, DMP ou SIH, la question archivistique est rarement anticipée. Pourtant, l’AAF alerte sur des pertes massives de données.

Conséquences constatées sur le terrain

  • 30 à 50 % des documents deviennent irrécupérables
  • Données corrompues ou tronquées
  • Archivage légal sur 10 à 30 ans compromis
  • Formats propriétaires illisibles sous 5 à 10 ans
  • Perte irréversible des métadonnées

Sans archiviste, les pertes sont silencieuses… et définitives.

La reprise de données : l’étape critique d’une migration logiciel médical

Toute migration logiciel médical doit garantir une reprise exhaustive :

  • Dossiers patients complets
  • Historiques cliniques
  • Comptes rendus et pièces justificatives
  • Données orphelines
  • Métadonnées (auteur, date, version, classification)
  • Cohérence avec un SAE et une GED HDS

Sans cette étape, l’établissement perd une partie de sa mémoire médicale.

Une migration ratée : triple risque

1. Risque financier

Prestataires en urgence, ressaisie, retard de déploiement.

2. Risque technique

Données définitivement perdues, formats illisibles.

3. Risque juridique

Obligation légale de conservation (10–30 ans).
Risque CNIL.
Observations HAS.
Contentieux patients.

Exemple réel de migration logiciel médical défaillant

Dans un établissement, un changement de DPI a rendu 12 ans de comptes rendus d’imagerie illisibles. Le format propriétaire n’était plus supporté. Aucun export n’avait été prévu.

Pourquoi intégrer un archiviste dès la phase projet ?

L’archiviste est le seul professionnel formé pour garantir :

  • Continuité des données
  • Intégrité des archives
  • Conformité réglementaire
  • Pérennité des formats

Mon retour d’expérience terrain

Avec cinq années en gestion d’archives médicales (public et privé), j’ai observé :

  • Des migrations ratées avec pertes irréversibles
  • Des sauvetages réussis via archivage HDS conforme
  • Des audits pré-migration évitant des pertes massives

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